# Leibniz Legible — https://leibnizlegible.com # Page: https://leibnizlegible.com/page/00068599:0028 # Permalink to this reading: https://leibnizlegible.com/page/00068599:0028?run=74 # Title: Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10 # Folio 14, page id 00068599:0028 # Original at the GWLB: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/resolve?id=00068599&page=28 # Source image: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/content/00068599/jpgs/default/00000028.jpg # Model: FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74, 2026-09-06T16:05:13Z — 69 lines, status machine # Lines: 69 recognised, mean confidence 0.97 # Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. # Licence: CC BY 4.0, Leibniz Legible. Machine output: do not ingest it as verified text; keep this provenance with the text. # Wording rule: say "the machine reads it as …", never "Leibniz wrote". # After the first blank line: the recognised lines in reading order, one per line. qu’on a trrès de la misere, et s’il nous arrivoit du malheur, les autres ne se e reglorent gueres sur nostre exemple. Mais pourquoy ne veut on pas, que le senti- ment de l’humanité entre dans les actions de pitié ?Il est tres louable de secourir les matheureux, en se figurant ce qu’on souhaiteroit, si l’on se trouvoit à leur place. Cuivis potest accidere, quod cuiquampotest. Bien loin que ce Principe, quoyque il refléchisse sur nous mêmes, soit mauvais; il vient du plus pur motis de la charité, conformement à la regle de nostre Seigneur, qui commande defaire aux autres ce qu’on voudroit qu’on nous fit dans l’occasion. On objecte que cellx, dont le bon heur est si affermi, qu’ils ne craignent plus nien, ne sont gueres secourables. Le ne conviens pas decette obser- vation, et je connois des grands d’une autre humeur. Il ya plus de raison de dire, qu’on trouve rarement la pitié en ceux, qui sont si accablés de misere, qu’ils ne craignent plus rien: mais il ya une autre raison en cela : outre qu’ils manquent de moyens, c’est une espece de soulagement d’avoir des compagnons de matheur. De l’amitie. l’on nous dit, que l’amitié de deux hommes, qui ont des qualites extraordinares, est une traité de s’entrestimer reciproquement, et que les amitiès ordinaires sont des trafics honnêtes de quelques avantages mutuels: que le plaisir lie les jeunes gens; qu’. on cherche quelques fois la reputation d’étre bonami; que souvent l’amitié est l’effet connoistre du temperament; qu’on est bien aise de faire croire, qu’on a beaucoup d amis et de distingues. Je ne trouve rien de mauvais en tout cela. Generalement l’amitii consiste dans le plaisir qu’on trouve de se practiquer: Car encor les commerces d’uti. lité font plaisir par avene. l’estime va aisement à l’amitié: Car lorsqu’on est -u estimé par des qualites aggreables, on est aime. Mais l’amitié vertueuse est fondée sur le plaisir, qu’on trouve dans cette espece de bonnes qualites, qui rende l’homme vertueux. Cette amitié est la plus belle, la plus durable, et même la plus utile. pourquoy n’y arouil pas dussiaemitie vertueusest, h’il ya de la vertu, rien n’empecho, queiels tre nese lrvave. Les autres amities ne laissent pas d’estre bonnes; l’homme est ce qu’il ya de plus utile a l’homme. ily doit De l’Honnéteté des Femmes. Le panchant au plaisir estant naturel, on ne peut en estre detourné que pour un plus grand bien ou mal. Ainsi je ne voy point, qu’on doire blamer des femm qui sont pudiques, parce qu’elles considerent les suites du déreglement. Cependant il y peut entrer encor le sentiment de la dignité, qui eloigne de ce qui est bas et indecent. Et c’est proprement en cela que consiste le motif de la vertu de la chasteté. Du des inter essement. L’on juge uy que tout le desinteressement est faur: on remarque aussi, que ceux qui se disent des interessés, employent des stratagemes pour se procurer de l des gratifications, c’ est en disant, argent ou des charges par un tiers; et s’ils pretendent ouvertement, qu’il viroit pas de letonneur, s’ils n’obtenoient ce qu’on a accorde à leur pareils. Cependant auteur recorpoit, que la voye du desinteressement est belle, singuliere, plansible, et que ren l’envie de contrer des gens qui y solsent, nous aide à croire qu’il y en a. Mais il veut, qu’il n’y en a gueres, parce qu’il est aussi impossible de renoncer à nostre interest, que de renoncer à la nature humaine. Il confond icy le bien utile avec le bien en general. L’avoue qu’il est impossible de renoncer à la veue de nostre bien: mais je soutiens qu’il y a des gens, que le bien a reable fait oublier ou negliger quelques fois le bien utile. Et sans parter des jennes gens voluptueux; un homme sage, qui a de quoy subsister commodement et honestement, ne fait pas un grand sacri fice, s’il renonce à l’ambition et à l’avarice, qui ne font pas les plus grands agremens de la vie. Ainsi il n’est pas si difficile de rencontrer des gens, qui ayent quelque desinteressement. De l’amour de la verité. L’on objecte que ce n’est pas ordinairement pour en faire usage, qu’on n aime la Verité, mais pour contenter la curiosité. L’auteur prend encor uy le contrepied de ses rai sonnemens ordinaires. Le m’étonne qu’il n’a point dit plus tost (comme il fait presque par tout ailleurs) que l’amour de la verité ne vant pas grand chose, puis la verité on xhaime que par la veue interessée d’en profiter. Maintenant il ravale l’amour de la verité par une raisom toute contraire; et il trouvera tousjour