# Leibniz Legible — https://leibnizlegible.com # Page: https://leibnizlegible.com/page/00068599:0037 # Permalink to this reading: https://leibnizlegible.com/page/00068599:0037?run=74 # Title: Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10 # Folio 23, page id 00068599:0037 # Original at the GWLB: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/resolve?id=00068599&page=37 # Source image: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/content/00068599/jpgs/default/00000037.jpg # Model: FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74, 2026-09-06T16:05:13Z — 59 lines, status machine # Lines: 59 recognised, mean confidence 0.96 # Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. # Licence: CC BY 4.0, Leibniz Legible. Machine output: do not ingest it as verified text; keep this provenance with the text. # Wording rule: say "the machine reads it as …", never "Leibniz wrote". # After the first blank line: the recognised lines in reading order, one per line. jouit mieux de la conversation des honnêtes gens. Il me semble aussi, que c’est une arrêt trop dur, qu’on prononce sur la fin dec chapitre, en disant que l’affa bilité des gens de qualité, qui n’ont aucun merite, est une bassesse. Qvand ils n’auroient aucun autre merite, c’en est un de s’allirer la conversation des gens de merite par leur affabilité. De la liberalité On avoue que la Liberalité des grands Seigneurs seroit fort estimable elle estoit l’effect d’une ame belle et genereuse. Mais on pretend, qu sont bien differens de ce qu’on les croit; qu’ils font des profusions à la veue du monde mais qu’ils plaignent la plus petite depense chez eux; qu’ils ne payent point leur delles; qu’ils refusent le nécessaire à leur proches; qu’ils retiennent les appointemors de leur domestiques; qu’ils ne reco pensent point un vieux serviteur, pendant qu’ils font des regals aux etran gers. On a raison deblamer celte conduite: mais on n’auroit point raison de Cattribuer à tous. Il y en à qui sont bons menagers, pour pouvoir estre magni– fiques en temps et lieu, et qui repandent leur bienfaits avec ordre et avec chois. Lorsque cela vient d’une inclination bienfaisante naturelle ou aequise rien ne nous empeche d’y reconnoitre la vertu de la liberalité. De la Clemence. On l’oppose à la cruaute, et cependant on doute, que ce soit une vertu alleque veritable, et on appette entre autres raisons, qu’elle n’est point durable, qu Petend de montre comme l’on montre par les exemples d’Alexandre, de Julei Caesar, d’Augude ou p il yauroit pourtant moyen de repondre en faveur de ces grands hommes. On pretend aussi, que c’est une erreur de crovre, qu’un homme doux devienne cruel, ou qu’un eruet devienne doux cru o vce versa. Cette objection est generale contre toutes les vertus: comme l’il n’y avoit point deveritable vertu sans perseverance. Mais le naturel mêmo est sujet au changement et l’acquis encor d’avantage. La contume est une autre nature, et change quelques fois le naturel; et une habitude venue de accontumance peut estre changée à son tour par une accoutumance contraire. Ausi les vertus ne sont pas si enracinées, qu’elles ne puissent se perdre Au reste l’auteur objecte, que la clemence des Roys est quelque fois politique: car elle sert à gagner les coeurs. Soit: c’est une tres louable politique. Mais (dit on) la clemence quelques fois est l’effeit de l’orgueil du souverain, qui veut montrer qu’il est au dessus des loix, et qu’il peut donner la vre. Le veux croire, que l’orguell y entre quelques fois: mais ce motif n’est pas des plus ordinaires. Le Prince à qui ce droit n’est point conteste, n’a point besoin d’en faire parade. Sil cede quelques fois à l’importunité de ceux qui solicitent pour un criminel, la faute est asses pardonnable, pourveu que cela n’aille trop loin et que le public nûsaffre. On adjoute que la bonne di humeur, ou l’on trouve un souveram, est aussi souvent cause de sa clemence sant mieux, diray-je. Il est louable de vouloir, que les autres prennent part à son contentement: ne donnet. on pas un pardon general (certains cas noirs exceptes) dans les rejouissantes publiques? Voi là des remarques faites sur le champ pendant la lecture d’un petit livre agreable et ingenieux, mais qui seroit encor plus utile, si le vuid que j’y trouve, etoit rempli. Je suis avec devotion Hanover ce 15 de septe 7 est si ce plus humble et le plus obersant serviteur eibniz