# Leibniz Legible — https://leibnizlegible.com # Page: https://leibnizlegible.com/page/00068600:0063 # Permalink to this reading: https://leibnizlegible.com/page/00068600:0063?run=74 # Title: Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 11 # Folio 32r, page id 00068600:0063 # Scan: One image of two folio pages side by side, registered by the library under both labels (also fol. 33v); this page is its right half. # Original at the GWLB: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/resolve?id=00068600&page=63 # Source image: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/content/00068600/jpgs/default/00000063.jpg # Model: FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74, 2026-09-06T16:05:13Z — 46 lines, status machine # Lines: 46 recognised, mean confidence 0.99 # Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. # Licence: CC BY 4.0, Leibniz Legible. Machine output: do not ingest it as verified text; keep this provenance with the text. # Wording rule: say "the machine reads it as …", never "Leibniz wrote". # After the first blank line: the recognised lines in reading order, one per line. impressions, il faudroit que ce srojet du détail, prenant le Prince dés lac premiere enfance reglat d’année en année, ou plustost de troismois pour le moins entrois me Ceraue; ses practiques et exercices, ses etudes et sa conversation saus à ceux qui en auront la direction de changer, retrancher et adjouter selon les cir- constances. On dit que le Roy d’espagne a une Etiquelle du Palais toute reglée les Rois de Perse en avoient, et les Monarques de la Chine en ont encor. Cela a ses usages et ses defauts. Et il faut profiter du bon de chaque chose; mais quant a un joune Prince, il est bon, que tout soit reglé sous une liberté apparente et qu’il apprenne, en croyant de se divertur en attendant ce modelle, voicy une partie de ce qu’on en peut dire en gros. Le bon naturel est la base et le fondement de tout. Mais nous nous trompon souvent, en prenant pour le naturel, ce qui est l’effect des premieres impressions que l’enfance a receues; une nourrice, une semme de chambre, un autre enfant un peu plus avancé, et quelques domestiques auront peur estre faict, ce qu’on appelle le naturel, et qu’on croit envoyé d’en haut; il n’y a rien de si flexible que l’aage le plus tendre. Nous le voyons dans les animaux, à qui un habile maistre sçait faire faire des merveilles, et cependant les enfans sont infini ment plus dociles et plus susceptibles de varieté. Les premieres impressions doivent consister à faire qu’un enfant ne soit ny intimidé ny chagrine, Quon ne le trompe, ny le rebute point; mais aussy qu’on ne l’accoustume point à estre opiniastre, en luy accordant tout ce qu’il vent. Le moyen de le detournet de quelque desir peu raisonnable consiste dans la variete des plaisirs. On le divertira par des mouvemens et spectacles agreables, qui commenceront d’aboid à estre instructifs. Il faut avoir sur tout egard à la santé et à la forma tion du corps du jeune Prince en evitant egalement les exces et trop de reserve qui degenere en mollesse. Soprès cela, on l’entre fiendra dans une gayeté d’esprit, mais sans malice en se donnant bien de garde de faire de pieces aux gens, et mêmes aure animaux pour le divertir; et au lieu de cela on satisfera à sa curiosité naturelle, en luy monstrant milles choses, qui au milieu de l’amusement commenceront à l’instruire. En même temps petites jolies on luy formera la parole, prenant garde que ceux qui sont aupres de luy parlent bien et distinclement et s’expliquent agreablement sur plusieurs choses. des lors on y mélera des petites Conedies. Ot on choisira au Prince des Compagnons d’estude et de plaisir, qui seront des enfans de bien moindre quali que la sienne, mais d’un excellent naturel; plus aagés que luy de quelques années. qui luy conmuniquerent insensiblement leurbonnes qualités et connoissances, et tout ce qu’ils apprendont pour eux à part, ils l’apprendont quasi pour luy et le Prince en tachant de les aliendre par une emulation naturelle, passera au delà de son auge. A l’aage de quatre ans doivent désa commenter les estudes, mais tousjous sous l’apparence et pretexte de jeux. S. Hierôme a remarqué, qu’on pouvoit apprendre les letrres et leur assemblage par un jeu concerté pour cet effect. On passera de même à l’ecriture, onfera souvent des repre sentations serieuses et agreables de mille rencontres de la vie, faites