# Leibniz Legible — https://leibnizlegible.com # Page: https://leibnizlegible.com/page/00068703:0127 # Permalink to this reading: https://leibnizlegible.com/page/00068703:0127?run=74 # Title: Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 8 # Folio 64r, page id 00068703:0127 # Original at the GWLB: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/resolve?id=00068703&page=127 # Source image: https://digitale-sammlungen.gwlb.de/content/00068703/jpgs/default/00000127.jpg # Model: FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74, 2026-09-06T16:05:13Z — 48 lines, status machine # Lines: 48 recognised, mean confidence 0.98 # Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. # Licence: CC BY 4.0, Leibniz Legible. Machine output: do not ingest it as verified text; keep this provenance with the text. # Wording rule: say "the machine reads it as …", never "Leibniz wrote". # After the first blank line: the recognised lines in reading order, one per line. Lcibn. 113 IV, vol. 8, nc. 17 Il est asseuré que l’abus de la philosophie nouvelle fait grand prejudice à la piete, particulierement en quelques pays ou ces dogmes nouveaux sont fort connus non seulement des doctes, mais generalement de tous ceux qui se piquent un peu d’esprit et de curiosité. Car comme ils donnent moyen aux personnes sans étude de parler hardiment de toute sorte de matieres, et de mépriser les maistres et les docteurs de profession, qui ont passé leur vie à mediter et à enseigner; on voit que quantité de personnes; et particulierement les jeunes gens ne manquent pas de donner là dedans. Ce qui ne seroit pas un fort grand mal, si cette liberté de philosopher qui rejette les abstructions, et rapporte tout à la necessité de la matiere, et à ce qui frappe l’imagination, ne disposoit quelques fois au libertinage outre qu’elle nuit au progrés des sciences en accoustumant les gens au babil qui n’ aboutit à rien, au lieu d’une meditation utile Cependant ceux qui s’opposent au cours de ces opinions ne s’yprennent pas souvent de la bonne façon. Car ils Confondent les bonnes découvertes des modernes, avec quelque visions entremélées, et par là ils se font tort, et rendent les gens opiniastres dans l’erreur, en combattant aussi bien ce qui est clair et convainquant, que ce qui Kepler, Les fondateurs de la philosophie modeme sont Bacon, Galiler Gassendi et escartes. est faux ou douteux le Chancelier Bacon fait des belles reflexions sur toutes sortes de doctrines, et s’attache principalement à faciliter les experiences. Galilei a commenće la science du mouvement et a embelli l’Astronomie particulierement dans l’Hypothese de Copernic; et on luy peut joindre Kepler, sont les suivans ont fort profité. Gassendi a ressuscité les sentimens de Democrite et d’Epicure; que Descartes a corrigés en y joignant quelques opinions d’Aristote touchant le plein et ce continu, et la morale des stoiciens. On ne peut que louer le dessein de ces auteurs d’expliquer mecaniquement les pheumen partiuliers de la nature, et de s’y opposer s’est se faire tort aussi bien que de nier la pesauteu et le ressort de l’air, et plusieurs autres découvertes de nos temps. Mais on ne doit pas souffrir que nos modernes pour embeller la physique particuliere nous détruisent la metaphysique et nous renversent la morale et la Theologie, à quoy il semble que quelques unes de leurs Car en soûtenant que les verités eternelles dela Geometrie et de la morale, et par con- opinrions pourroient porter. sequent aussi les regles de la justice bonté et beauté sont l’effect d’un choix libre ou arbi traire de la volonté de Dieu, il semble qu’on luy oste sa sagesse et sa justice plus tost l’entendement et la volonté ne laissant qu’une certaine puissance demesurée dont tout emane, qui merite plus tost, le nom de la nature que celuy de Dieu. Car commentit est il possible que son entendement (dont l’objet sont les verites des idées enfermées dans son essence) puisse dependre de sa volonté et comment peut il avoir une volonté, qui n’a pas l’idée du bien pour son objet, mais pour son effect. Et en bannissant de la physique les causes finales (: outre qu’on se prive par là du moyen de deviner quelques belles verités, qu’on n’a trouvées que par les finales:) il semble que c’est en vain et par maniere d’acquit, qu’on a mis en avant une intelligence souverain si au lieu de l’employer on ne se set que de la necessité de la matiere, et si aulieu de dire que les yeux ont esté faits pour voir, on soutient, qu’on ne voit, que parce qu’il trouve qu’on a des yeux, ce qui cache une profanité dangereuse. L’Effect doit estre expliqué par la connoissance de sa cause, la quelle estant intelligente, on doit joindre la consideration des fins qu’elle a eues, aux instrumens dont elle s’est servie: c’est de quoy on pourroit donner de beaux exemples.