LBr. 16 · Arnauld, fol. 55r
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- notion individuelle de moy, que de concevoir un moy disserent de moy
- D’ou il faut conclure ce me semble qu’estant inpossible que je ne
- fusse pas tousjours demeure moy, soit que se me fusse nane, ou que
- j’eusse veru dans le celibat, la nolion individuelle de mon moyn’a
- enferme ni l’un ni l’autre de ces deux estats; comme c’est bien
- conclure: ce quarre de marbre est le même, soit qu’il soit en repos
- soit qu’on le remue; donc ni le repos ni le mouvenent n’estenferme
- dans sa notion individuelle. C’ est pourquoy, Monsieur, il me
- semble, que je ne dois regarder comme enfermé dans la notion
- individuelle de moy que ce qui est tel: que je ne serois plus moy
- s’il n’estoit en moy: et que tout ce qui est tel au contraire, que
- il pourroit estre en moy ou n’estre pas en moy, sans que je cessasse
- d’estre moy, ne peutestre consideré comme estant enferme dans ma
- notion individuelle; quoyque par l’ordre de la providence de
- Pieu, qui ne change point la nature des choses, il ne puisse arriver
- que cela ne soit en moy. C’est ma pensée, que je croy conforme
- à tout ce qui a tousjours esté cru par tousle Thilosophes du
- monde .
- Ce qui m’y confirne, c’est que j’ay de la peine à croire que
- ce soit bien philosopher, que de chorcher dans la maniere, dont
- Dieu connoitt les choses, ce que nous devons penser, ou de leuns
- notions specitiques ou de leurs notions individuelles.
- entendement divin est la regle de la verité des choses quoad se
- mais il ne me paroist pas, que, tant que nous sounes en cetle vie
- s’en puisse ettre la regle quoad nos. (an que savons nous
- presentement de la serence de Dieu: Nous savons qu’il eonoist
- toutes choses, et qu’il les connoist toutes par un acte unique et
- tres simple, qui est son essence. Luaud je dis que nous le savons,
- j’entend par là que nous sommes assurez que cela doit estre ainsy.
- Mais le conprennons nous, et ne devons nous pas reconnoitre, que
- quelques assurez que nous soyons, que cela est, il nous est impossible
- de concevoir comment cela peut estre. Touvons nous de même
- concevoir, que la sernce de Pieu estant son essence meme
Cite
LBr. 16 · Arnauld, fol. 55r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/DE-611-HS-957298:0111?run=74