Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 311r
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- conversations (Chrestiennes. Ent
- Entretieus II.
- pag. 59. Dieu a voule que toutes les fois
- qu’il y auroit dans le corps certains mouvemens,
- il resultât dans l’ame certains sentimens, pouveu que ces mouvemens se communiquassent
- jusque à une certaine partie du cerveau que je ne vons determineray pas. Avait le peché
- le prémier homme defactoit pour ainsi dire la partie principale du cerveau d’avec le reste du
- corps, et il empelhoit sa communication ordinaire avec les nerfs qui servent au sentiment
- touses les fois qu’il se vouloit appliquer à la verité ou quelque autre chose qu’an bien du
- corps. Ainsi (p. 61) Dieu avoit suspendo les loix de la communication des mouvemens en sa faveur
- sans cela l’esprit auroit este sougmis au corps, comme il l’est à presont. Mais los qu’il
- fut tombé dans la defobeissance il perdit le pouvoir qu’il avoit sur son corps Dieu ne voulant
- plus suspendre les loix ordinaires du mouvement en faveur d’un mechaut et, d’un rebelle
- Car il n’estoit pas juste que la volonte d’Adam fist cesser la volonté de Dieu
- Dieu aime mieux servid equelque temps à l’injustice des hommes, et mêmes en un sens
- urt
- les recompenter par le plaiser qu’ils autout en leur débauches que de changer l’ordre des
- choses. Les hommes meritent même que Dieu les repouss et cette recompense de leur
- pechés, ne fait qu’en graisser la victime pour le sacrifice
- fay. 64. Objection: Dieu a preveu eternelement toutes les suites qu’auroit l’ordre
- des choses qu’il devoit établi, il a preveu le peché du premier homme, pourquoy l’a-il fait
- libre, ou plustost pourquoy ne l’atil pas attaché à son devoir par des plaisirs prevenans.
- enfin pourquoy a- il étabil établi un ordre qui se devoit cenverser, et une nature qui se devoit
- conompre. Je veux qu’il y ait remedié de la maniere la plus sage qui se puisse, mais n’y
- auroit il pas en plus de sagesse d’en faire une incapable de corraption
- Mais on ne
- pent rieu tirer de cette objection si non que nous ne sçavons pas les resseins de Dieu. Neant
- moins je tacheray d’y satisfaire en peu de paroles.
- Dieu a voulu creer l’homme
- parce qu’il meilleur que le neaut et plus capable de l’lonnorer. L’homme est
- libre, il ne peut aimer que ce qu’il voit; Aonc si Dieu le portoit infalliblement à
- ear
- tous les biens même apparens, il seroit cause du peché.. Mais Dieu le laisse à luy même say
- le determiner par aucun plaisir prevenant, car il veut estre nimestar raison puisy nous
- sommes raisonnables, c’est a dire d’un amour éclairé et digue de luy, et qui est meritoire e’est ad
- qu’il puisse recompenser. Mlais en cela même ne se pouvant fier à ses propres forces
- s’est trouve alafin obligé de recourit à Dieu. Peut estre même que le principal dessein
- de Dieu dans la creation est l’incarvation de son fils, et que l’ordre de la Nature nesert
- que d’occosion à celuy de prace l’obeissance et le secrifice du verbe nncarmé a divantage
- plu d’avantage que la rebellion de Vhomme n’a deplu. O certe necessarium Adae
- Dieu
- peccatum in O ferix culpa quae tatem ac tantum merint habere redentorem.
- agit cun sa gloire et le princisal de ses desseins est celuy dont il en tire d’avgutage
- et il a plus de gloire de son filis, que de tout le reste de ces oumages. Mais
- quand tout ce quo je viens de dire ne seroit pas certain, il ne faut considerer les pecheurs
- et des damnes que comme des monstres. Car ces petits dereglemens de la nature ne deminuent
- parce qu
- pas l’estime que nous avons de son auteur: non seulement (ils ne rendent pas le monde
- imparfait mais its principalement parce que ces monstres sont des soites de la communication qui
- est entre l’imagination de la mere, et le fruit qu’elle porte dans son sein, qui est tres sagement
- Sétablie, quoyque dieu ait preveu qu’elle causeroit quelques fois du desordre. Il’ est vray que
- Dieu y auroit pû remedier en establissant pour ces rencoutres queques nouvelles loix du mouvement
- mais Dieu ne multiplie pas ainsi ces volontés. Il est de se grandeur et de sa sagesse d’agir tousjonr
- par les voyes les plus simples et de n’employer qu’un tres petit nombre de loix natmelles
- pour produire un tres grand nombre d’aurages admirables.. Et je ne croy pas qu’on doinve
- tousjons peuser que Dieu ait d’autres voyes de produire son ouvrage aussi simples et
- et aussi parfaites que celles dont i s’est servi, par lesquelles e pourroit le prudcireplus
- partant qu’il i’ est, et tel que nous vondriots qu’il fit. cola n’est peut grepas vrar
- 311 Dieu
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 311r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068378:0621?run=74