Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 388v
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- dene dis point qe le monde corporel est une Machine ou montre qui va sans
- l’interposition de Dieu, et je presse assés que les creatures ont besoin de son influence con-
- dingelle: mais je soutiens que c’est une montre qui va sans avoir besoin de sa correstipn
- Autrement il faudroit dire que Dieu se ravise. Dieu a tout preveu, il a remedié a tout par
- avance. Iya dans ses ouvrages une harmonie, une beauté déja preétablie.
- se sentiment n’exclut point la Providence ou le gouvernement de Dieu: au contraire
- cela le rend parfait. Une veritable providence de Dieu demande une parfaite prevoyance
- mais de plus elle demande aussi non seulement qu’il ait tout preveu, mais aussi qu’il ait
- pourveu à tout par des remedes convenables preordonnés. Autrement il manguera ou de
- sagesse pour le prevoir, ou de paisance pour y pourvoir: de ressemblera à un Dieu
- Socinien, qui vit du jour à la journée comme disoit M. Surieu. I est vray que Dieu selon
- les sociniens mangue même de prevoir les inconveniens, au lieu que selon ces Messieurs
- qui l’obligent à se corriger, il manque d’y pourveoir. Mais il me semble que c’est
- encore un manquement bien grand. Il foudroit qu’il manquat de pouvoir ou
- de bonne volonte.
- e ne crois point qu’on me puisse reprendre avec raison d’avoir dit que
- Dieu est Intelligentia suptamundana. eux qui le desaprouvent diront ils qu’il
- est intelligentia Mundana, c’est à dire qu’il est l’Ame du Monde. J’espere
- que non. Cependant ils feront bien de se garder d’y donner sans y penser.
- la conparaison d’un Roy chez qui tout iroit sans qu’il s’en melat, ne
- vient point à propos; puisque Dieu conserve tourjours les choses, et qu’elles
- ne sauroient subsister sans luy. Ainsi son Royaume n’est point nominal. C’est
- justement comme si l’on disoit, qu’un Roy qui auroit si bien fait elever ses sujets,
- et les maintiendroit si bien dans leur capacité et bonne volonté par le
- soin qu’il auroit pris de leur subsistence, qu’il n’auroit point besoin de
- les redresser seroit seulement un Roy de nom.
- Ensin si Dieu est obligé de corriger les choses naturelles de Temps
- en temps il faut que cela se fasse ou surnaturellement ou naturellement.
- Sicela se fait simaturellement, il faut recourir an miracle pour expliquer
- les choses naturelles; ce qui est en efsect une reduction d’une hypothese ad absurdum.
- Cay avec les miracles on peut rendre raison de tout sans peine. Mais si cela se
- fait naturellement, Dieu ne sera point intelligentia supramundana, il
- sera compris tous la nature des choses, c’est à dire il sera l’ome du
- Monde.
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 388v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068378:0780?run=74