Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 388r
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- et qui est commensure avec luy. S’ensuit il pour cela que l’espace
- s’appercoive de ce qui se passe dans le corps, et qu’il s’en souviene
- apres que le corps en sera sorti? outre que l’ame étant indivisible
- sa presence immediate qu’on pourroit s’imaginer dans le corps ne
- serdit que dans un pont, comment donc s’appercevroit elle de ce
- qui se fait hors de ce point? Je pretends d’etre le premier qui ait
- montre comment l’ime s’appercoit de ce qui le passe dans le corps.
- La raison pourquoy Dieu s’apperçoit de tout, n’est pas sa
- simple presence, mais encore son operation, c’est parce qu’il conserve
- les choses parune action qui poduit continuellement ce qu’il y a de
- bonté et de perfection en elles. Mais les ames n’ayant point l’influ-
- ence immediate sur les corps, ny les corps sur les ames, leur correspondence
- mutuelle ne sauroit etre expliquée par la presence.
- a veritable ruison qui fait louor principalement une cachine
- est plustort prise de l’effect de la machine que de sa cause. On ne
- s’informe pas tant de la puissance du Machiniste, que de son Artifice.
- Ainsi la raison qu’on allegue pour louer la Machine de Dieu, de ce
- qu’il l’a faite toute entiere, sans avoir emprunté de la matiere de
- dehons, n’est point sufisante. C’est un petit detour ou l’on a éte
- force de recourir. Et la raison qui rend Dieu preserable a un autre
- Machiniste, n’est pas seplement parce qu’il fait le tout, au lieu que
- l’Antisan à besoin de chercher sa matiere. Cette preserence viendroit
- seulement de la puussance. Mais il y a une autre raison de l’excellence
- de l’ouvrge de Dieu, qui vientencore de la fagesse. C’est que sa mamine va gussi
- plus long temps, et va plus juste que celle de quelque autre Machiniste
- que ce soit. Celuy qui acheté la montre ne se souire point si l’ouvrier
- la faite toute entiere, ou s’il en a fait faire les pieces par d’autres ouvrrens, et
- les a seulement ajoustées; pourveu qu’elle aille comme il faut. Et si l’ouvrier
- avoit receu de Dieu le don susqu’à creer la matiere des roues on n’en seroit
- point content, s’il n’avoit receu aussi le don de les bien ajuster. Et de même celuy
- qui voudra etre content de l’ouvrage de Dieu, ne le sera point par la seule
- raison qu’on nous alleque.
- doinsi il faut que l’artifice de Dieu ne soit point inferieur a celuy d’un oovrier
- il faut même qu’il aille infiniment au delà. La simple production de tout margueroi
- bien la puissance de Dieu, mais elle ne marqueroit point assés sa sagesse. (eux qqui
- soûtiendront le contraire, tomberont justement dans le defaut des Mlaterialistes et de
- spinosa; dont ils protestent de s’éloigner; ils reconnoitroient de la puissance, mais non pas
- alses de sagesse dans le principe des choses.
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 388r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068378:0779?run=74