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Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 4, fol. 15r

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  1. de l'usage de la Meditation.
  2. Je voy que peu de gens méditent, soit par ce qu’ils sont planges.
  3. dans les plaisirs des sens, ou par ce qu’ils se trouvent emburses
  4. dans les affaires.
  5. Mais il est aisé de leur faire voir, qu’ils seu
  6. rebentirent un jour, et que tous ceux qui ont negligé de méditer s’en
  7. sont repentis. (§. 2)
  8. Car mediter est Fane des reflexions
  9. generales sur ce qu’on est et sur ce qu’on deviendra; faire pour aine
  10. chic une confession generale de sa vie, à sey même; calculus convent
  11. lareette et la dépense de nos talens, et imiter un marchand sage
  12. qui rapporte toute la substance de tous ses journaux dans
  13. un livre secret, à fin d’y voir d’un coup d’oeil tout l’estât de son négoce.
  14. Or il est manifeste que celuy qui ne le fait pas fera une infinité de
  15. fautes que le temps et les evenemens luy découvriront trop tard
  16. connoistra
  17. et il en sera d’autant plus fâché, qu’il reconnoistra de les avoir pû eviter par
  18. la méditation.
  19. Mais ce chagrin sera sans égal
  20. quand il s’agira de mourir, par ce qu’on se trouvera hors d’estat et
  21. d’esperance de reparer sa faute, et qu’on sera allarmé terriblement
  22. par la juste crainte d’un avenir inconnu.
  23. Car c’est alors que
  24. les plaisirs des sens nous abandonnent, et que nous abandonnons les
  25. affaires,
  26. ainsi l’ame sera réduite en elle même mais trop tard
  27. et malgré elle: les pensées seront confuses et malasseurées,
  28. les resolutions vagues et précipitées, et l’esprit déchiré par
  29. des inquiétudes mortelles pourra porter le caractère de son malheur
  30. jusque dans une autre vie.
  31. Les plus libertins, qui souhaiteroient peut estre d’estre anéantis,
  32. ne sçauroient se dépouiller de cette crainte. Car sans entrer dans les grandes
  33. raisons de la philosophie solide ils ne laissent pas d’estre frappés par
  34. des apparences tres fortes, augmentées par la crainte de la mort
  35. presente, et par les paroles touchantes des assistans

Cite

Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 4, fol. 15r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model k3-trocr@runs-615-epoch-5, run 617). https://leibnizlegible.com/page/00068593:0029?run=617