Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 4, fol. 15r
Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. Mean line confidence on this page: 0.98.
Original at the GWLB · Page image · Annotations (IIIF) · Download text
One image of two folio pages side by side, registered by the library under both labels (also fol. 16v); this page is its right half.
The machine reads it as
- de l'usage de la Meditation.
- Je voy que peu de gens méditent, soit par ce qu’ils sont planges.
- dans les plaisirs des sens, ou par ce qu’ils se trouvent emburses
- dans les affaires.
- Mais il est aisé de leur faire voir, qu’ils seu
- rebentirent un jour, et que tous ceux qui ont negligé de méditer s’en
- sont repentis. (§. 2)
- Car mediter est Fane des reflexions
- generales sur ce qu’on est et sur ce qu’on deviendra; faire pour aine
- chic une confession generale de sa vie, à sey même; calculus convent
- lareette et la dépense de nos talens, et imiter un marchand sage
- qui rapporte toute la substance de tous ses journaux dans
- un livre secret, à fin d’y voir d’un coup d’oeil tout l’estât de son négoce.
- Or il est manifeste que celuy qui ne le fait pas fera une infinité de
- fautes que le temps et les evenemens luy découvriront trop tard
- connoistra
- et il en sera d’autant plus fâché, qu’il reconnoistra de les avoir pû eviter par
- la méditation.
- Mais ce chagrin sera sans égal
- quand il s’agira de mourir, par ce qu’on se trouvera hors d’estat et
- d’esperance de reparer sa faute, et qu’on sera allarmé terriblement
- par la juste crainte d’un avenir inconnu.
- Car c’est alors que
- les plaisirs des sens nous abandonnent, et que nous abandonnons les
- affaires,
- ainsi l’ame sera réduite en elle même mais trop tard
- et malgré elle: les pensées seront confuses et malasseurées,
- les resolutions vagues et précipitées, et l’esprit déchiré par
- des inquiétudes mortelles pourra porter le caractère de son malheur
- jusque dans une autre vie.
- Les plus libertins, qui souhaiteroient peut estre d’estre anéantis,
- ne sçauroient se dépouiller de cette crainte. Car sans entrer dans les grandes
- raisons de la philosophie solide ils ne laissent pas d’estre frappés par
- des apparences tres fortes, augmentées par la crainte de la mort
- presente, et par les paroles touchantes des assistans
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 4, fol. 15r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model k3-trocr@runs-615-epoch-5, run 617). https://leibnizlegible.com/page/00068593:0029?run=617