Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10, fol. 14
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- qu’on a trrès de la misere, et s’il nous arrivoit du malheur, les autres ne se
- e
- reglorent gueres sur nostre exemple. Mais pourquoy ne veut on pas, que le senti-
- ment de l’humanité entre dans les actions de pitié ?Il est tres louable de
- secourir les matheureux, en se figurant ce qu’on souhaiteroit, si l’on se trouvoit
- à leur place.
- Cuivis potest accidere, quod cuiquampotest.
- Bien loin que ce Principe, quoyque il refléchisse sur nous mêmes, soit mauvais;
- il vient du plus pur motis de la charité, conformement à la regle de nostre
- Seigneur, qui commande defaire aux autres ce qu’on voudroit qu’on nous fit
- dans l’occasion. On objecte que cellx, dont le bon heur est si affermi, qu’ils ne
- craignent plus nien, ne sont gueres secourables. Le ne conviens pas decette obser-
- vation, et je connois des grands d’une autre humeur. Il ya plus de raison de dire,
- qu’on trouve rarement la pitié en ceux, qui sont si accablés de misere, qu’ils ne
- craignent plus rien: mais il ya une autre raison en cela : outre qu’ils manquent de
- moyens, c’est une espece de soulagement d’avoir des compagnons de matheur.
- De l’amitie.
- l’on nous dit, que l’amitié de deux hommes, qui ont des qualites extraordinares, est
- une traité de s’entrestimer reciproquement, et que les amitiès ordinaires sont des
- trafics honnêtes de quelques avantages mutuels: que le plaisir lie les jeunes gens; qu’.
- on cherche quelques fois la reputation d’étre bonami; que souvent l’amitié est l’effet
- connoistre
- du temperament; qu’on est bien aise de faire croire, qu’on a beaucoup d amis et
- de distingues. Je ne trouve rien de mauvais en tout cela. Generalement l’amitii
- consiste dans le plaisir qu’on trouve de se practiquer: Car encor les commerces d’uti.
- lité font plaisir par avene. l’estime va aisement à l’amitié: Car lorsqu’on est
- -u
- estimé par des qualites aggreables, on est aime. Mais l’amitié vertueuse est fondée
- sur le plaisir, qu’on trouve dans cette espece de bonnes qualites, qui rende l’homme
- vertueux. Cette amitié est la plus belle, la plus durable, et même la plus utile.
- pourquoy n’y arouil pas dussiaemitie vertueusest,
- h’il ya de la vertu, rien n’empecho, queiels tre nese lrvave. Les autres
- amities ne laissent pas d’estre bonnes; l’homme est ce qu’il ya de plus utile
- a l’homme.
- ily doit
- De l’Honnéteté des Femmes.
- Le panchant au plaisir estant naturel, on ne peut en estre detourné que
- pour un plus grand bien ou mal. Ainsi je ne voy point, qu’on doire blamer des femm
- qui sont pudiques, parce qu’elles considerent les suites du déreglement. Cependant
- il y peut entrer encor le sentiment de la dignité, qui eloigne de ce qui est bas
- et indecent. Et c’est proprement en cela que consiste le motif de la vertu de la
- chasteté.
- Du des inter essement.
- L’on juge uy que tout le desinteressement est faur: on remarque aussi, que
- ceux qui se disent des interessés, employent des stratagemes pour se procurer de l
- des gratifications, c’ est en disant,
- argent ou des charges par un tiers; et s’ils pretendent ouvertement, qu’il viroit
- pas
- de letonneur, s’ils n’obtenoient ce qu’on a accorde à leur pareils. Cependant
- auteur recorpoit, que la voye du desinteressement est belle, singuliere, plansible, et que
- ren
- l’envie de contrer des gens qui y solsent, nous aide à croire qu’il y en a. Mais il
- veut, qu’il n’y en a gueres, parce qu’il est aussi impossible de renoncer à nostre
- interest, que de renoncer à la nature humaine. Il confond icy le bien utile avec le
- bien en general. L’avoue qu’il est impossible de renoncer à la veue de nostre bien:
- mais je soutiens qu’il y a des gens, que le bien a reable fait oublier ou negliger
- quelques fois le bien utile. Et sans parter des jennes gens voluptueux; un homme
- sage, qui a de quoy subsister commodement et honestement, ne fait pas un grand sacri
- fice, s’il renonce à l’ambition et à l’avarice, qui ne font pas les plus grands
- agremens de la vie. Ainsi il n’est pas si difficile de rencontrer des gens, qui
- ayent quelque desinteressement.
- De l’amour de la verité.
- L’on objecte que ce n’est pas ordinairement pour en faire usage, qu’on n aime la
- Verité, mais pour contenter la curiosité. L’auteur prend encor uy le contrepied de ses rai
- sonnemens ordinaires. Le m’étonne qu’il n’a point dit plus tost (comme il fait
- presque par tout ailleurs) que l’amour de la verité ne vant pas grand chose, puis
- la verité
- on xhaime que par la veue interessée d’en profiter. Maintenant il ravale
- l’amour de la verité par une raisom toute contraire; et il trouvera tousjour
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10, fol. 14. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068599:0028?run=74