Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10, fol. 22
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- jouit mieux de la conversation des honnêtes gens. Il me semble aussi, que c’est
- une arrêt trop dur, qu’on prononce sur la fin dec chapitre, en disant que l’affa
- bilité des gens de qualité, qui n’ont aucun merite, est une bassesse. Qvand ils
- n’auroient aucun autre merite, c’en est un de s’allirer la conversation des
- gens de merite par leur affabilité.
- De la liberalité
- On avoue que la Liberalité des grands Seigneurs seroit fort estimable
- elle estoit l’effect d’une ame belle et genereuse. Mais on pretend, qu
- sont bien differens de ce qu’on les croit; qu’ils font des profusions à la
- veue du monde mais qu’ils plaignent la plus petite depense chez eux;
- qu’ils ne payent point leur delles; qu’ils refusent le nécessaire à leur
- proches; qu’ils retiennent les appointemors de leur domestiques; qu’ils ne reco
- pensent point un vieux serviteur, pendant qu’ils font des regals aux etran
- gers. On a raison deblamer celte conduite: mais on n’auroit point raison de
- Cattribuer à tous. Il y en à qui sont bons menagers, pour pouvoir estre magni–
- fiques en temps et lieu, et qui repandent leur bienfaits avec ordre et avec
- chois. Lorsque cela vient d’une inclination bienfaisante naturelle ou aequise
- rien ne nous empeche d’y reconnoitre la vertu de la liberalité.
- De la Clemence.
- On l’oppose à la cruaute, et cependant on doute, que ce soit une vertu
- alleque
- veritable, et on appette entre autres raisons, qu’elle n’est point durable,
- qu
- Petend de montre
- comme l’on montre par les exemples d’Alexandre, de Julei Caesar, d’Augude
- ou p il yauroit pourtant moyen de repondre en faveur de
- ces grands hommes. On pretend aussi, que c’est une erreur de crovre, qu’un homme doux devienne
- cruel, ou qu’un eruet devienne doux
- cru o vce versa. Cette objection est generale contre toutes les vertus: comme
- l’il n’y avoit point deveritable vertu sans perseverance. Mais le naturel mêmo
- est sujet au changement et l’acquis encor d’avantage. La contume est une
- autre nature, et change quelques fois le naturel; et une habitude venue de
- accontumance peut estre changée à son tour par une accoutumance
- contraire. Ausi les vertus ne sont pas si enracinées, qu’elles ne puissent se perdre
- Au reste l’auteur objecte, que la clemence des Roys est quelque fois politique: car
- elle sert à gagner les coeurs. Soit: c’est une tres louable politique. Mais (dit
- on) la clemence quelques fois est l’effeit de l’orgueil du souverain, qui veut
- montrer qu’il est au dessus des loix, et qu’il peut donner la vre. Le veux
- croire, que l’orguell y entre quelques fois: mais ce motif n’est pas des plus
- ordinaires. Le Prince à qui ce droit n’est point conteste, n’a point besoin
- d’en faire parade. Sil cede quelques fois à l’importunité de ceux qui
- solicitent pour un criminel, la faute est assés pardonnable, pourveu que
- cela n’aille trop loin et que le public nûsaffre. On adjoute que la bonne
- di
- humeur, ou l’on trouve un souveram, est aussi souvent cause de sa clemence
- sant mieux, diray-je. Il est louable de vouloir, que les autres prennent
- part à son contentement: ne donnet. on pas un pardon general (certains cas
- noirs exceptes) dans les rejouissantes publiques?
- Voi là des remarques faites sur le champ pendant la lecture d’un
- petit livre agreable et ingenieux, mais qui seroit encor plus utile, si le vuid
- que j’y trouve, etoit rempli.
- Je suis avec devotion
- Hanover ce 15 de septe
- 7
- ocesse electorare
- estr
- ce plus humble et le plus obersant
- serviteur
- eibniz
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 10, fol. 22. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068599:0036?run=74