LBr. F 12 · Braunschweig-Lüneburg, Johann Friedrich v., fol. 167v
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- J’en ose promettre quelque satis faction à V. A. S. par la connoissance que
- j’ay déja de la grandeur de son genie, et de l’universalité de ses connoissances
- et je croy que la varieté des choses remarquables que nous apprendrons par ce moyen
- de temps en temps pourra farre une partie des divertissemens dont V. A. S. sçait faire
- un choix si admirable pour se délasser des grands trauvaux auxquels l’oblige le rang
- qu’elle tient dans le monde, et le soin qu’Elle a du bien priblie
- Mais comme V. A. S’jugera bien par la que jentreprens un peu plus que
- le son de sa Bibliotheque n’exige, et qu’un Biblio lhequaire n’a coûtume de faire; j’espere
- qu. Elle se declarera fauorablement sur un point qu’Elle a differé de vuider
- esse voit par le plan cyjoinct la difference qu’il y a entre ce qui se rapporte à la
- charge de Bibliothecaire, et entre ce que je dois faire en vertu de ce que V. A. S. a témoigna
- d’avoir pour agreable, lors qu’Elle m’a accordé graciesement la qualité de Conseiller, avec
- unepension de 400 écus. L’un n’aboutissant qu’au soin de conserver et
- d’amplisier sa bibliotheque, et de servir à V. A. S. d’inventaire ambulant: L’autre
- allant à approfondir plusieurs matieres, à executer des inventions de consequense
- et à entretenir des correspondences tresgenerales, et tres- étendues: aussi m’a t’elles
- honnoré de cet employ avant que la charge de sa Dibliotheque est venue à vaquer;
- La quelle y agant esté jointe par apres, j’en puis encor esperer les emolumens tout
- n’entiers tels que mon predecesseur les aeus; sans que cela diminue ceux du
- npremier employ, qui subsiste encor; puisque ce nouveau sucroist de travail
- n ne deminuera en rien la passion que j’ay pour le premier à l’egard du quel V A
- y m’avoit accordé cet emolument honnorable.
- Outre la raison d’Equité, que je viens d’alleguer, et qui peut valoir du costé de
- V. A. S. j’en ay de tres fortes de non costé, qui m’obligent en quelque façon malgré
- Je dis, malgre moy et je le dis en
- moy, à ne pas abandonner cette esperance.
- verité, car il n’y a rien au monde que j’affecte moins que le superflu: mais je ne puis pas
- sans une imprudence extreme negliger le necessaire. Quoyque je ne sois
- pas fort avancé en aage, il y a pourtant déja dix ans que j’ay commencé de faire quelque
- figure dans le monde, et d’estre connu des personnes de merite. Pendant tout ce temps
- Ta, j’ay par tout eu le bonheur d’avoir l’approbation des personnes le plus approuvées
- et lemoins suspectes: mais les avantages n’ont pas esté proportionnés aux
- applaudissemens que j’ay receus. Ce que j’impute en partie à la froideur
- de mon naturel à m’ intriguer en matiere d’interest; (m’estant tousjours
- imaginé, que la justice se doit faire d’elle même sans ces solicitations basses:)
- en partie aux conjunctures du temps, ayant eu quelque fois trop de modestie, et, si je
- l’ose dire trop de generosité pour presser ceux qui m’avoient quelque obligation, ou qui
- avoient de la bonne volonté pour moy, lors que je voyois que cela alloit jusque à les incommoder
- ou importuner, comme je pourrois prouver par l’arceu propre de quelques uns: et ayant
- souvent refusé des offres honnorables, par ce que je ne voulois pas m’addonner à de
- certaines affaires ny me condamner à de certains trauvaux, me conservant pour un maistre
Cite
LBr. F 12 · Braunschweig-Lüneburg, Johann Friedrich v., fol. 167v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/DE-611-HS-3617988:0334?run=74