LBr. F 12 · Braunschweig-Lüneburg, Johann Friedrich v., fol. 168v
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- un maistre qui me met en estat d’avoir l’esprit en repas et de pouvoir estre content
- je mettray mon bonheur à le servir: mais tandis que je suis en suspens, et que je n’obtiens
- pas ce but que tout homme raisonnable se doit proposer, je me trouve inégal et
- languissant, et cette vigueur qui m’accompagne lors que j’ay l’esprit satisfart,
- m’abandonne un peu dans un autre estat, quedesport, d’autant qu’il est temps que
- je songe à ce que je dois devenir. Ce que j’espere, est ny sans exemple ny au dessus de
- moy: je sçay que V. A. S. se laisse toucher par la raison par l’equité et même par la
- necessité des affaires d’un homme à qui elle veut du bien, a qui se donne à Elle, et qu’Elle
- peut mettre hors d’inquietu de aisément et commodement en un mot, avec quelque sorte
- de justice: ce double emolument (sçavoir des 400 écus en qualité de conseiller à l’egard
- des trauvaux correspondances et connoissances de toute sorte; et (2) des emolumens
- de la charge de Bibliethecaire venue à vaquer par aprest que mon predecesseur
- a eus:) luy estant accordé en quelque façon eu égard à la multiplicité des trauvaur
- qu’il est prest subir estant peu de chose eu égard a la grandeur et à la magnificence
- de V. A. S. qui paroist en tant de rencontres, dont cellecy peut estre n’est pas la
- plus indigne: celuy à qui Elle fera du bien, estant connu de quantité de gens de merite qui
- nec
- applaudiront à cette tiberalité. J’ose dire êe, que je plaide icy pour V. A. S. même
- et pour ses propres divertissemens, ou cette liberalité est d’autant plus de saison, que ces
- divertissemens que je luy prepare sont plus beaur plus solides et plus dignes d’un
- grand prince. Car je consenis de passer pour le dernier des hommes, si Elle ne
- reconnoist pas en peu de temps que ces graces ont esté hien employées.
- Pour conclure enfin je mets tous mes interests au bon plaisir de V. A. S.
- estant tres persuadé quelque resolution qu’elle prenne en ma faveur que
- ce sera pour des bonnes raisons, puisque les lumieres de V. A. S. n’en connoissent
- point d’autres: et je ne ma huuy m’estimerois pas moins avant dans
- les bonnes graces de V. A. S. si elle trouvoit bon de retrancher quelque chose
- de ses faueurs, que si Elle les augmentoit: puisque je me tiens asseuré, que ce
- Seroit tousjours pour mon bien: C’est pourquoy si mes autres raisons ne
- la persuadent point, elle ne doit pas avoir egard à celle qui luy pourroit
- figurer, que j’aurois plus de passion pour son service, estant
- vi
- ea
- mieux traité. Cela n’est point. Car quoyque on puisse avoir plus dele
- et plus de succés, à mesure qu’on a l’esprit plus satis fait; j’asseure
- neantmoins que mon affection et non zele ne sçauroit jamais deminuer
- ny eroistre, estant fondus non pas sur mes interests, mais sur la
- connoissance que j’ay des grandes lumieres et des hautes vertus de V. A. S. qui
- rehaussent l’éclat de sa fortune.
Cite
LBr. F 12 · Braunschweig-Lüneburg, Johann Friedrich v., fol. 168v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/DE-611-HS-3617988:0336?run=74