LBr. 105 · Bouvet, fol. 51v
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- centames de places, et deux joueurs, qui y mettent despreces, l’un des blan-
- ches, l’autres des noires. Ce jeu paroist profond et ingenieux. Comme je
- remarquois dans la figure, qu’il n’y avoit jamais une blanche immediatement
- entre deux noires, ny une noire immediatement entre deux blanches, cela me
- fit souvenir de l’ancien jeu appellé Ludus Latrunculorum (que le vulgaire
- confond mal à propos avec le jeu des Echecs) ora la loy du jeu estoit, que la
- piece estoit perdue, quand elle setrouvoit entre deux ennemies. C’elle loy estoit
- bien raisonnable. Cum vitreus gemino miles ab hoste perit. Aimsi il se
- pourroit que ce jeu Chinois enit du rapport à cet ancien jeu des Romains. C’est
- pour quoy je vous supplie mon Reverend Pere de vous en informer.
- SeP. Martinius dit aussi dans son Atlas Sinicus, que les Chinois ont le mo
- d’avoir deux fois par an des vers à soye et des feuilles dexmeuriers. Tene sa
- si cela est vray.
- Depuus quelque temps il nons viennent des porcellaines veritables ou transpa
- en voyoit
- rentes, ou il ya de l’or emaillé dessus. Autres fois on n’esvoyoit point. Clvel
- ques uns croyent, que les Hollandois ont le moyen de mettre ces couleurs la dessuc
- quand ils ont acheté ces porcelaines des Chinois. Mais j’en doute; car il me sembs
- que les couleurs yont esté mises au feu. On avoit fait des veritables por
- celaines à S. Clou, mais on ne leur donnoit que deux couleurs la blanché et la
- , au mons autant que j en ayvu; on n’avoit pas aussi pu
- encor apprendre asset le regrine du feu, car souvent le tout ce cassoit. Et
- comme les Hollandois apportent les manufactures Chinoises à asset bon
- marché; de crois que cela a fait cesser cette Manufacture de S. Clou-
- Enfin mon Rleverend Pere, comme Vous ne pouves point manquer d’appren
- dre de temps en temps quelque chose de Curieux dans un pays, ou ilya une
- infinité de choses, qui nous sont entierement nouvelles, comme on le reconnoist par
- les figures, qu’on en voit, vous pourres H’en donner part quelques fois. Leta
- cheray de vous rendre la pareille, et vous souhaitant beau coup de satis faction
- et sur tout la sante, je suis avec Tele
- Mon Pres Reverent Pere
- Vostre tres humble
- et tres obeissant serviteur.
- Leibniz
- au R. P. Boubet
Cite
LBr. 105 · Bouvet, fol. 51v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 79). https://leibnizlegible.com/page/DE-611-HS-959436:0102?run=79