Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 1, 1, fol. 39v
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- la foi est assez petite de assez peu en-
- racinée pour soutenir ces sortes d’épreu-
- ves dangereuses; je croi qu’il ne leur faut
- point presenter ce qui pourroit être un
- poison pour eux; ou si l’on ne peut
- leur cacher ce qui n’est que trop public,
- bien loin de l’ecarter comme imposlibles
- il faut ) joindre l’antidote, c’est à dire,
- il faut tacker de joindre la solution à
- Cobjection, bien loin de l’écarter comme impossible
- es passages des excellens Theblogiens, qui parlent de ce tri
- omphe de la Foy, peuvent et doivent recevoir un sens convena
- ble aux principes, que je viens d’établir. Il se rencontre dans quelques
- qu’esques objels de la foy, deux qualités capables de la faire bion
- pher de la raison, l’une est l’incomprehensibilite, l’autées
- le peu d’apparence. Mais il faut se bien donner de garde d’y
- ioindre la troisieme qualité, dont M. Dagle parle, et de dire ge
- ce qu’on croit est insoutenable: car ce seroit faire triompher
- la raison a son bour d’une maniere, qui detruis sent la foy
- L’in comprehensibilité ne nous empêche pas de croire même de
- vériles naturelles, par exemple nous ne comprenons pas la nature
- la lumiere et des couleurs, et cesendant nous sommes persuadés pa
- une espece de foy, que nous devons aux temoignages des sens, que
- ces qualités sensibles sont fondées dans la nature des choses, et que
- ce ne sont pas des illuions.
- Il ya aussi des choses contraires aux apparences, que nousa
- mettons, louqu’elles sont biene vérifiées. qu’y avoit il de plusas
- parent, que le mensonge du faix Martin Guerre, qui se set
- reconnoitre par la femme et par les parens du véritable, et set
- balancer long temps les juges et les parens, même apres l’arrivée
- du dernier. Cependant la verité sut enfin reconnue. I en est de
- même de la foy. J’ay déja remarque, que ce qu’on peut eppo
- ser à la bonté et à la jufice de Dieu ne sont que des apparen
- ces, qui seroient fortes contre un homme; mais qui deviennent
- nulles, quand. on les applique à Dieu, et quand on les metenba
- lance avec les démonstrations, qui nous asffurent de la perfection
- infinie de ses attributs. Ainsi la foy tromphe des facsse
- raisons par des raisons solides et supetieures, qui noustont fait
- embrasser: mais elle ne trompheroit pas, si le sentiment contrai
- re avoit pour luy des raisons aussi fortes, ou même plus for
- les e di, ’ils a que celles, qui font le Londement
- de la foy, c’est a dire, s’il y avoit des objetions invinci
- bls et démonstratives contra la soy.
- Il est bon même de remarquer icy, que ce que M. Payle
- appelle tromphe de la foy, est en partie un tiiomphe
- Comme jay deja marqué
- tiré de l’Espagnol
- il y a un petit Roman dont
- le titre porte, qu’il ne faut
- pas tousjours eroire ce qu’on voit
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 1, 1, fol. 39v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068357:0078?run=74