Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 103v
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- Il le témoigna aux Rabbins, et comme il refusoit dese rendre à l’autorité
- suprème des parnassims, ou Directeurs dela Synagogue, ils l’excommu,
- nierent. Il voulut faire un livre pour se défendre, et en le composant
- il tomba de nouveau dans le Saduceisme. Il fut refuté par un duif,
- qui public en espagnol un livre de l’immortalité de l’ome en 1623
- Uriel repondit, et fut déferé au Magistrat qui le condamna à 300
- francs, et à la perte de ses exemplaires. En ce temps là il se mit dans
- l’esprit que la Loi de Moise n’éloit qu’une fiction, et dans cette
- pensée il crut que rien ne l’empechoit de feindre s d’approuver le sentime
- des Rabbins. Il le fit apres qu’inze ans d’excommunication. Cepen,
- dant en particulier il n’observoit point la loi, et il détourna meme
- un espagnol et un Halien de se faire duifs. Cela futrapporté, et
- lui causa une infinité de maux, qu’il décrit fort patheliquement.
- les Rabbins le condamnerent à faire amande honorable, en cette
- sorte. C’est qu’il entreroit dans la Synagogue vêtu de deuil, un cierge
- noir à la main. y auroit trente neus coups defouet, et subiroit
- d’autres ignominies. il refusa de subir ce jugement, et demeura
- pendant sept ans en cet élat, maltraité de ses parens, couru des
- petits enfans quandil sortoit, et exposé à mille chagrins, apparemment
- parce qu’il n’osoit se plaindre au Magistrat, quoi qu’il en attribue
- la cause aux longueurs de la justice. Enfin comme les Juifs lui promet
- toient de le traiter doucement, s’il revenoit à eux et s’en remetloit
- à leur jugement, il se resolut de les croire, mais ils ne lui firent aucun
- quartiet, ainsi qu’il le raconte au long. Cela le mit au desespoir, et
- fit que le confirmer dans la pensée qu’il n’y a point de Religion veritable,
- que celle qu’il nomme naturelle, de qu’il tache de pouverdans ce
- petit ouvrage. Mais les mauxt ausquels ills’exposoit en faisant
- connoitre ces sentimens, le firent resoudre à finir unesi miserable vie
- en se vengeant néanmoins de ses ennemis. Il composa auparavant
- cet écrit, pour laisser à la posterité une histoire si etrange, comme il le
- témoigne a la fin, et un jour qu’un de ses parens, qui l’avoit le plu
- persecuté, passoit devant sa porte, il lui voulut lacherun coup depistolet
- mais les pistolet n’aiant pas pris feu il referma sa porte, et se tua d’un
- autre pistolet, qu’il avoit apparemment prepare pour cela. Ontrouva
- comme on l’adit, après sa mort, Cherlui cet écrit; quiest pleinde feu, et
- qui fait voir qu’il n’étoit pas destitué déloquence
- M. Meschita
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 103v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068378:0206?run=74