Leibniz-Handschriften zur Militaria LH 36, fol. 192r
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- Projet d’une Manufacture
- en
- militaire.
- ay souvent songé s’il ne seroit pas possible de fabriquer une
- etoffe, qui fut en même temps, legere, pliante, et capable de resister
- à une bonne mousquetadé. S’il estoit possible, de l’avoir encor a bon
- marché; ce seroit le comble des souhaits qu’on pourroit former la dessus,
- car un en pourroit fournir jus qu’aux simples soldats. Ce seroit rendre
- sans doute un grand service au geare human, et sur tout à la Chrestiente
- cequi s’en pourroit prevaloir cnfo pour renverser
- tout d’un coup, les forces ottomannes,
- De tout cequ’on employe pour les étoffes, et qu’on
- peut avoir en quantité il n’y a rieu de plus ferme, qu’un fil de soye. Il est vray
- qu’un fil de metail l’est davantage, mais il n’est pas si pliant, ny si
- leger. De sorte que je crois qu’un fil de soye d’un preme poids qu’un fil de metail
- resiste d’avantage, ce qu’il faudroit pourtant examiner. Il faudroit examiner aussi
- à quel degré de subtilité, et de pliabilité on pourroit parvendr, par le moyen des fils
- de de metail, et s’il y auroit moyen d’en faire des étofes, asser fortes et en même
- temps commodes qui apparemment vandivient imeux sens doute, qu’une currasse
- l’un même poide On pourroit essayer aussi le metait en feuilles, sçavoir
- combiendes mains de ces feuilles pourroieul resister à une monsquetade; en faisant
- les feuilles en sorte, que e demeure e qu’elles demeurenassez fermes
- et le composé assez flexible. Il faudroit enfin voir, si un tel amas de feuilles
- resisteroit mieux qu’une piece de metail, de mome poids. Item si le
- compose fait d’estain et de cuiure, ne seroit pas sans compainison plus
- x resistant que le fer, ou le cuiore; en sorte qu’on qu’il ne
- faudroit pas en regietter le prix; ilem si les airasses ne pourroient estre composées
- de quantité de pieces d moutues, en ayant forme, de coin
- et arrangées en sorte, qu’elle ne puissent reculer, sans rompre. Mais
- revenons à la soye.
- il est donc constant que la soye, et plus ferme, que la laine, ,
- l le poil de cheuure, le lin et le o, coton et tout ce qu’on
- employe pour faire des habits. Mais quand je considere les gallettes, ou les petites
- cocques des vers à soye, ou la soye est en cor ramassée de la maniere, que
- la nature l’a engendré, je trouve, qu’elle a encor bien plus de fermeté et
- picie
- une gallette est sans doute plus forte, qu’une etoffe de soye, du memesons
- quelqu elle quelle qu’elle puisse ostre. Je plus elle est toute tissue, et mise
- déja en oeuure dans la gallette, par le vers meme mieux sans doute incom
- parablement, que tous les ouurrers, ne sçauroient faire; car toute la gallette est
- un seul fil qui fait une million de tours et de retours dont les parties tiennent mer
- veilleusement les unes contre les autres, et par l’arrangement inimitable dans
- les autres éstoffes, et par, unecentaine gluteu glue naturelle je croy bien aussi
- qu’ gatets pesera d’avantage, qu’une détoffe de pareil volum, quelqu’elle
- ean dela
- puisse estre; parce qu’elle a apparemment les partées plus serrées.
- il sera sera pourtant a propos de s’asseurer phemierement de toutes ces hypotheses
- par l’experience. Quoyque’il en soit nous éparguerons tous jours beaucoup de
- depense, qu’il faut et pour filer la soye, et pour la mettre en veuvre
- derechet, si nous pouvons employer les gallettes, telles qu’elles sont
- En uoicus la Methode, que je croy faisable, et propre au dessoin dont ils’agit
- Ranges des gallettes sur une plance ou rable, en soite qu’elles se tiennent le plus pres quelles
- peument, c’est pour quoy il est bon de prendre celles qui sont le moins épaisses purs il faut les
- presser en contre le plan avec une presse à vis, le plus fortement qu’on peut. si on y
- adoûte un peu de colle de poisson tant mieux pourveu qu’on puisse retiner l’étoffe
- presset de ce des plans entre les quels ou l’a presse. On fera passer un rouleau par dessus
- pour applanir les parties, et les rendre egales et on fera la même chose de l’autre
- costé en retournant voicys d’une feuille de nostré étoffe; qui sera assez faible comme
- lu papier, quand oy considere qu’une galette ne tient pas à l’autre neele
- et il sera aisé de la rompre, mais non pas de la percer sans laceration
- c’est à dire d’y faire un tron roudcomme une balle a coustume
- Faisons plusieurs de feilles de ces feuilles et les appliquons les
- vnes sar les anties de soite que les falles tuibles ceces de l’une soyent comentes
- 2
- de faire..
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Cite
Leibniz-Handschriften zur Militaria LH 36, fol. 192r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068529:0387?run=74