Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 3, 7, fol. 1r
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- La notion de Dieu la plus receue et la plus significative
- que nous ayons est assez bien exprimée en ces termes, que Dieu
- est un estre absolument parfait, mais on n’en considere pas
- assez les suites; et pour y entrer plus avant, il est a propos de
- remarquer qu’il y a dans la nature plusieurs perfections toutes
- diferentes, que Dieu les possede toutes ensemble, et que chacune luy
- appartient au plus souverain degré. Il faut oir connoistre aussi
- ce que c’est que perfection, dont voicy une maique assés seure, sçavoir
- que les formes ou natures qui ne sont pas susceptibles du dernier degré
- pas. des perfection
- ntou sont point, comme par exemple la nature du nombre ou de la
- figure, Car le nombre le plus grand de tous (on bien le nombre de
- tons les nombres) aussi bien que la plus grande de toutes les figures, impliquent
- contradiction, mais la plus grande science, et la foute puissance n
- enferment point d’impossibilité. par consequent la puissance et la
- suence sont des perfections, et entant quelles appartiennent à Dieu
- elles n’ont point de bornes. D’ou il s’ensuit que Dieu agit de la
- maniere la plus parfaite, non seurement au sens metaphysique mais
- ducor moralement partant, ce qu’on peut exprimer amsi à nostre
- egard plus ou sera éclaire et in formé des ouvrages de Dieu, plus on
- sera disposé à les trouver excellens, et entierement conformes à
- tout ce qu’on auroit pû souhaitter
- Ainsi je suis fort eloigne du sentiment de ceux qui sontiennent
- qu’il n’y a point de regles de bouté et de perfection dans la nature
- des Choses, on dans les idées que Dieu en a; et que les ouvrages de Dieu
- ne sont bons que par cette raison formelle que Dieu les a faits. Car si
- cela estoit Dieu sçachant qu’il en est l’auteur, n’avoit que faire des les
- regarder par apres et de les trouver bons, comme le temoigne la ste écriture,
- qui ne paroist s’estre servi de cette Anthropologie, que pour nous faire
- connoistre que leur ex cellence se connoist à les regarder en eux mêmes, lors
- mêmes qu’on ne fait point de reflexion sur cette denomination exterieure
- toute nue qui les rapporte à leur cause. Ce qui est d’autant plus vray, que
- c’est par la consideration des ouvrages, qu’on peut découvrir l’ouvrier. Il faut
- donc que ces ouvrages portent en eux son caractere. J’avoue que le sentiment
- contraire me paroist extremoment dangereux et fort approchant de celuy des
- derniers novateurs, dont l’opinion est, que la beauté de l’univers
- et la bouté que nous attribuons aux ouvrages de Dieu ne sont que des
- chimeres des hommes qui concoivent Dieu à leur maniere. Aussi disant
- que les choses ne sont bonnes par aucune regle de bouté mais par la seule
- volonté de Dieu on détruit ce me semble, sans y penser, tout l’amour de
- Dieu, et toute sa gloire. Car pourquoy le louer de ce qu’il a fait s’il
- seroit également louable en faisant tout le contraire? Ou sera tour sa
- justice et sa sagesse, s’il ne reste qu’un certain pouvoir despotique, si la
- volonté tient lieu de raison, et si selon la definition des tyrans ce qui
- plaist an plus puissant et
- iuste par la même. Outre qu’il semble que
- et que cet
- toute volonté sappose aliquam cationem volendi, ou que raison est
- riee
- cette expression de quelques autres philosophes tout la fait estrange qui dilent
- que les verites eternelles de la mestaphysique de la Geometrie, et par consequent
- aussi les regles de la bouté de la justice et de la perfection ne sont que
- des effects de la volonté de Dieu, au lieu qu’il me semble que ce sont
- des suites de son entendement qui ne depend point de sa volonte non
- que son exteu essente.
- c
- + possedant la sagesse
- supreme et infinie
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 3, 7, fol. 1r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068581:0001?run=74