Search the Nachlass

Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 3, 7, fol. 1r

Machine transcription. Not an edition. Errors are expected: about 8% character error rate on Latin and French lines, higher on German. Mean line confidence on this page: 0.97.

Original at the GWLB · Page image · Annotations (IIIF) · Download text

One image of two folio pages side by side, registered by the library under both labels (also fol. 2v); this page is its right half.

The machine reads it as

  1. La notion de Dieu la plus receue et la plus significative
  2. que nous ayons est assez bien exprimée en ces termes, que Dieu
  3. est un estre absolument parfait, mais on n’en considere pas
  4. assez les suites; et pour y entrer plus avant, il est a propos de
  5. remarquer qu’il y a dans la nature plusieurs perfections toutes
  6. diferentes, que Dieu les possede toutes ensemble, et que chacune luy
  7. appartient au plus souverain degré. Il faut oir connoistre aussi
  8. ce que c’est que perfection, dont voicy une maique assés seure, sçavoir
  9. que les formes ou natures qui ne sont pas susceptibles du dernier degré
  10. pas. des perfection
  11. ntou sont point, comme par exemple la nature du nombre ou de la
  12. figure, Car le nombre le plus grand de tous (on bien le nombre de
  13. tons les nombres) aussi bien que la plus grande de toutes les figures, impliquent
  14. contradiction, mais la plus grande science, et la foute puissance n
  15. enferment point d’impossibilité. par consequent la puissance et la
  16. suence sont des perfections, et entant quelles appartiennent à Dieu
  17. elles n’ont point de bornes. D’ou il s’ensuit que Dieu agit de la
  18. maniere la plus parfaite, non seurement au sens metaphysique mais
  19. ducor moralement partant, ce qu’on peut exprimer amsi à nostre
  20. egard plus ou sera éclaire et in formé des ouvrages de Dieu, plus on
  21. sera disposé à les trouver excellens, et entierement conformes à
  22. tout ce qu’on auroit pû souhaitter
  23. Ainsi je suis fort eloigne du sentiment de ceux qui sontiennent
  24. qu’il n’y a point de regles de bouté et de perfection dans la nature
  25. des Choses, on dans les idées que Dieu en a; et que les ouvrages de Dieu
  26. ne sont bons que par cette raison formelle que Dieu les a faits. Car si
  27. cela estoit Dieu sçachant qu’il en est l’auteur, n’avoit que faire des les
  28. regarder par apres et de les trouver bons, comme le temoigne la ste écriture,
  29. qui ne paroist s’estre servi de cette Anthropologie, que pour nous faire
  30. connoistre que leur ex cellence se connoist à les regarder en eux mêmes, lors
  31. mêmes qu’on ne fait point de reflexion sur cette denomination exterieure
  32. toute nue qui les rapporte à leur cause. Ce qui est d’autant plus vray, que
  33. c’est par la consideration des ouvrages, qu’on peut découvrir l’ouvrier. Il faut
  34. donc que ces ouvrages portent en eux son caractere. J’avoue que le sentiment
  35. contraire me paroist extremoment dangereux et fort approchant de celuy des
  36. derniers novateurs, dont l’opinion est, que la beauté de l’univers
  37. et la bouté que nous attribuons aux ouvrages de Dieu ne sont que des
  38. chimeres des hommes qui concoivent Dieu à leur maniere. Aussi disant
  39. que les choses ne sont bonnes par aucune regle de bouté mais par la seule
  40. volonté de Dieu on détruit ce me semble, sans y penser, tout l’amour de
  41. Dieu, et toute sa gloire. Car pourquoy le louer de ce qu’il a fait s’il
  42. seroit également louable en faisant tout le contraire? Ou sera tour sa
  43. justice et sa sagesse, s’il ne reste qu’un certain pouvoir despotique, si la
  44. volonté tient lieu de raison, et si selon la definition des tyrans ce qui
  45. plaist an plus puissant et
  46. iuste par la même. Outre qu’il semble que
  47. et que cet
  48. toute volonté sappose aliquam cationem volendi, ou que raison est
  49. riee
  50. cette expression de quelques autres philosophes tout la fait estrange qui dilent
  51. que les verites eternelles de la mestaphysique de la Geometrie, et par consequent
  52. aussi les regles de la bouté de la justice et de la perfection ne sont que
  53. des effects de la volonté de Dieu, au lieu qu’il me semble que ce sont
  54. des suites de son entendement qui ne depend point de sa volonte non
  55. que son exteu essente.
  56. c
  57. + possedant la sagesse
  58. supreme et infinie

Cite

Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 3, 7, fol. 1r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068581:0001?run=74