Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 8, fol. 64r
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- Lcibn. 113 IV, vol. 8, nc. 17
- Il est asseuré que l’abus de la philosophie nouvelle fait grand prejudice à
- la piete, particulierement en quelques pays ou ces dogmes nouveaux sont fort connus
- non seulement des doctes, mais generalement de tous ceux qui se piquent un peu d’esprit et
- de curiosité. Car comme ils donnent moyen aux personnes sans étude de parler hardiment
- de toute sorte de matieres, et de mépriser les maistres et les docteurs de profession, qui ont
- passé leur vie à mediter et à enseigner; on voit que quantité de personnes; et particulierement
- les jeunes gens ne manquent pas de donner là dedans. Ce qui ne seroit pas un fort grand
- mal, si cette liberté de philosopher qui rejette les abstructions, et rapporte tout à la necessité
- de la matiere, et à ce qui frappe l’imagination, ne disposoit quelques fois au libertinage
- outre qu’elle nuit au progrés des sciences en accoustumant les gens au babil qui n’
- aboutit à rien, au lieu d’une meditation utile
- Cependant ceux qui s’opposent au cours de ces opinions ne s’yprennent pas souvent
- de la bonne façon. Car ils Confondent les bonnes découvertes des modernes, avec quelque
- visions entremélées, et par là ils se font tort, et rendent les gens opiniastres dans
- l’erreur, en combattant aussi bien ce qui est clair et convainquant, que ce qui
- Kepler,
- Les fondateurs de la philosophie modeme sont Bacon, Galiler Gassendi et escartes.
- est faux ou douteux
- le Chancelier Bacon fait des belles reflexions sur toutes sortes de doctrines, et s’attache
- principalement à faciliter les experiences. Galilei a commenće la science du mouvement
- et a embelli l’Astronomie particulierement dans l’Hypothese de Copernic; et on luy peut
- joindre Kepler, sont les suivans ont fort profité. Gassendi a ressuscité les sentimens
- de Democrite et d’Epicure; que Descartes a corrigés en y joignant quelques opinions
- d’Aristote touchant le plein et ce continu, et la morale des stoiciens.
- On ne peut que louer le dessein de ces auteurs d’expliquer mecaniquement les pheumen
- partiuliers de la nature, et de s’y opposer s’est se faire tort aussi bien que de nier la pesauteu
- et le ressort de l’air, et plusieurs autres découvertes de nos temps. Mais on ne doit pas souffrir
- que nos modernes pour embeller la physique particuliere nous détruisent la metaphysique
- et nous renversent la morale et la Theologie, à quoy il semble que quelques unes de leurs
- Car en soûtenant que les verités eternelles dela Geometrie et de la morale, et par con-
- opinrions pourroient porter.
- sequent aussi les regles de la justice bonté et beauté sont l’effect d’un choix libre ou arbi
- traire de la volonté de Dieu, il semble qu’on luy oste sa sagesse et sa justice plus tost
- l’entendement et la volonté ne laissant qu’une certaine puissance demesurée dont tout
- emane, qui merite plus tost, le nom de la nature que celuy de Dieu. Car commentit est il
- possible que son entendement (dont l’objet sont les verites des idées enfermées dans son
- essence) puisse dependre de sa volonté et comment peut il avoir une volonté, qui n’a
- pas l’idée du bien pour son objet, mais pour son effect.
- Et en bannissant de la physique les causes finales (: outre qu’on se prive par là du moyen
- de deviner quelques belles verités, qu’on n’a trouvées que par les finales:) il semble
- que c’est en vain et par maniere d’acquit, qu’on a mis en avant une intelligence souverain
- si au lieu de l’employer on ne se set que de la necessité de la matiere, et si aulieu de
- dire que les yeux ont esté faits pour voir, on soutient, qu’on ne voit, que parce qu’il trouve
- qu’on a des yeux, ce qui cache une profanité dangereuse. L’Effect doit estre
- expliqué par la connoissance de sa cause, la quelle estant intelligente, on doit joindre
- la consideration des fins qu’elle a eues, aux instrumens dont elle s’est servie:
- c’est de quoy on pourroit donner de beaux exemples.
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 8, fol. 64r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068703:0127?run=74