Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 4, 8, fol. 17r
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- ravi
- pour mieux omtendre la difference de ces deux amours, il est bon de
- n
- considerer, que l’ estonemeut sans l’autre, bien qu’ils se trouvent
- aussi souvent jointe voici exemple ou ils se trouvent ensemble. Un
- amant veritable, aime la personve qui luy est accordée avec ces deux especes d’amour
- il l’aime d’un amour de concupiscence ou de desir, car il la desire pour poy
- comme agreable. Mais il l’aime aussi d’un amour de bienvealtance ou d’amitie
- car il luy veut du bien de tout son coeur, et luy souhaitte et tache même de luy
- procurer toute sorte de contentement Se condement lvicy un exemple
- d’un amour de concupiscente, tout seul. Un mechant homme aime une fille
- purement par concupiscence gulement, pour jouir de sa beauté et pour en
- ecavi recevoir du plaisir, quoyque’il ne luy souhaitte rieu de bon et pourroit
- bien se mette per en peine du bien ou du mal qui luy arrive quand il aura
- satisfait à sa passion. Il n’y a dons point de bienveullance ou d’amitié, non
- plus que lors que j’aime quelque viande qui me plaist, uns pomme, une rose,
- et autres bonnes choses, à qui je ne souhaitte rieu, mais je l souhaitte a moy.
- fiferemtent Mais voicy en troisiene lieu un exemple, un exemple
- et sans aucun desir interessé. Vous sçravés combien jeus de la devotion et de
- ra
- dua
- ino
- ’amour pour ce grand Prince qui gouverne nostre empire, je luy souhaitte veux
- ii
- is de tout mon coeur, que tout luy pt a souhait,
- oufaitt
- que sa gloire et sa grandeur s’auguentent de jour en jour, qu’il mette bas à la raison
- toute sorte de biens, je voudn
- tous ses ennemis. C’est pourquoy je spuis tout joueux quand j’apprendses
- victoires; j’aime sous ceux qui y servent fidelement, et je suis triste,
- quand j’apprend que l ches ses affaires ne vont pas comme elles deuuroient.
- quand on dit du bien de luy, il semble que mon coeur s’ouvre, j’y
- contribue volontiers, et voudrois que tout le monde en fist autant. Mais si
- j’entendois quelcunt dire mal de luy et douver quelque atteinte à sa repuitation
- d
- tout mon sang se troubleroit et s’eleveroit contre ce medisant. Et cependant
- il est manifeste, que je n’y ay aucun interest particulier, et que je ne
- desine rien pour moy des conquestes on victoires de ce prince.
- D. cette explication est fort instructive, et les exemples bien
- choisis, mais rfaisons en maintenant l’epplication
- Nous avons dit qu’il y en a trois, la foy, l’esperance et l’amour
- aux vertus divines
- qui s’entre scivent. Car premierement nous apprenons par la foy, qu’il y a
- Un Dieu, qu’il est un tout puissant seigneur, qui a créé tout, qui sçait,
- peut, et contient tout. qu’il y a en luy toute puissance et vertu, toute gloire
- et majesté tous les tresors et richesses, toutes les delices et beautés, toute
- la voluepté et toute la joje, et mille et mille fois plus de bien que tous
- les hommes et toul les auges sçauroient s’imaginer par toute l’eternité.
- Car il comprend tout, tous vient de luy, il produit tout, il est tout. d’ou
- vient que S. François plongé dans cette contemplation, ne fit rien
- Tont une nuit, que de dire continuellement: o mon Dieu et mon tout. Mags Et
- aussi tost que nous avons bien compris cecy par la foy, il s’ensoit que
- nous conomencons aussi d’aimer amour dun Hel Dieu si aimables ensuit,
- puisque un si grand bien et une perfection si souveraine, meitte sans
- doute qu’on l’aime, etqu’on l’aime sur toutes choses. Mais cet amour
- de ge dieu sur toutes, choses a deux degrés le premier est un auour de
- concupiscence, par la quelle nous descrons addemment de le possider, et de
- jouir de luy, comme du souverain bien, parce que toutes les delices, graces
- agremens, beautes plaisirs et joies se tro plaisirs et joies, enfin tout ce
- qu’on peut aimer dvec desir, se trouve en luy. le sécond degré dudde
- l’amour de Dieu, est l’amour de bien veuillance par laquelle nous luy voulons
- tout bien, et celaà cause de l’excellence de sa nature qui merite,
- tout le bien concevable. Le premipr degré de l’amour de Dieu sur toutes
- choses, sçavoir l’amour de defir du desir de Dieu, fait la seconde vertu
- ejoine, sçavoir l’esperance Mais le second degré qui est plus eleve,
- qu’on appelle l’esperance, par ce que nous ne sçaurions assez posseder ily ce
- Dieu que nous aimons taut, et simmes obligés de l’esperer et de l’attendre
- Mals le second degré d’amour qui est plus noble et plus elevé, et qui vient
- d’un pur mosit de bienveuillance est cette troisième vertu divine, quon
- qu’on appelle simplement, absolument, et par excellence, l’amour, par
- de que tale po tuis ercecere qu lmm afere in lest. En vena
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Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 4, 8, fol. 17r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068331:0033?run=74