Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 4, 8, fol. 17v
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- assez, comme je croy, pour discerner les tois vertus divines, il ne reste
- que de mediter la dessus, et de joindre ensemble tout ce que je viens de
- dire. Car si vous l’aures bien compris une bonne fois, cela vous servira toute
- vostre vie, et en effect est fort digue d’estre seu; d’autant que plusieurs
- linres de devotion, (à ce que je voy) ne discernent pas assez ces
- deux amours, et confondent l’un avec l’autre. Apparemment par ce
- que nous devons poiter à Dieu l’un et l’autre amour, et qui a
- pour luy l’amour d’amitie, ne manque pas d’avoir aussi celuy de desir. D’ou vient
- qu’on fait souvent un échange de leurs proprietés et donne
- à l’un ce qui appartient à l’autre
- D. Vous mn’avés assez fait entendre ces distinctions.
- ce me semble. Je servis bien aise cependant, que vous me rendiés encr
- raison de ce que vous avies dit cydessus, qu sçavoir qu’un pecheur,
- est d’abord quitte de tous ses pechés, par un exercice de la troisceme
- vertu divine, lorsqu’il commence d’aimer Dieu d’un auour de bien-
- veuillance; et non pas lors qu’il aime seulement d’un amour de desir,
- quand mêmes il aimeroit ou désireroit Dieu sur outes choses.
- .Il ne vous sera pas difficile d’en comprendre la aison
- maintenant. N’est il pas vray, que suivant ce que nous avons dit t
- cy dessus, qu’on peutaimer une personne d’un amour de desir, sans avoir
- de l’amitié pour elle, et sans luy vouloir du bien. Comme si quelquun
- aimoit une fille eeuse de pour jouir de sa beauté, de ses graces et de
- ses biens, sans luy porter de l’amitié, et sans p estre
- touché de son bonheur, ou de ses adversités pourveu qu’il ait son conten-
- tement. Coy.Crvies vous que cette fille aimeroit cet homme, si elle
- connoissoit le fonds de son coeur, et qu’elle luy voudroit du bien?
- un
- anse
- D. Elle n’auroit point de sujet de l’aimer
- ce p
- puisque l’amour de cet homme ne va pas à sa personne mais à ses biens
- Il en est de même a l’egard de Dieu. Si quelqu’un aimoit Dieu
- d’un amour de desir, pour estre comblé des plaisirs qui se trouvent en Dieu,
- sans l’aimer avec une bie un amour d’amitié, et avec une affection,
- sincere, sans desirer ardemment ce que Dieu veut, et sans se mettre en
- peine si Dieu est offensé et si ses commandemens sont negliges, pourveu
- qu’il pouisse en son particulier des beautés et richesses divines, c’est à dire
- poupveu qu’il obtienne un jour la beatitude eternelle; cet homme
- asseurement n’est pas du nombre des vruis amis de Dieu; et Dieu reci
- proquement ne luy portant point d’amitié, n’aura garde de luy pardonner
- ses peches, et le tiendra pour son enuemy, jusqu’à ce qu’il commence
- à aimer Dieu, comme un amy aime son amy, a qui il veut du
- bien de tout son coeur, et qu’il ne veut pas offenser. Mais quand
- cet homme il portera son amour jusqu’à une veritable amitié Dieu en usera
- de même soivant ses promesses, et l’aimant recipioquement luy
- pardonnera tous ses pechés et le receuura en grale. voicy
- quelques passages de la ste ecriture: j’aimeceux qui n’aiment,
- proverb. VII. L’amour couvre tous les peches, Proverb. X. L’amour
- ou la charité convre la multitude des pechés. 1. Petr. WV. Qui m’aime
- sera aimé de mon stere Jean XIV. Il luy seront pardonné beaucoup
- de Pechés parce qu’elle a beaucoup aimé. Luc VII.
- D. Ole chose que l’amour, puisque sa force va jusqu’a
- a velle
- justifier un pecheur sans la confession.
- C. Il est vray, que cet effect est grand et beau. Mais il ne faut pas
- oublie qu’on est tousjours obligé de confesser ses pechés au prstre en
- temps et lieu, quoy qu’ils soyent des a pardonnés. Et cela pour les soumettre
- à la puissance spirituelle ordinaire que jesuschrist a laissé à son Eglise,
- soivant l’ondiatim Jesus Cist, à la quelle on ne se peut soustraire sans
- un nouveau peché tres grand
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 4, 8, fol. 17v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068331:0034?run=74