Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 10, fol. 343r
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- Conseisteur
- j’ay eu l’honneur de recevoir la lettre de V. E. n. 9. Mais la plus importante
- communication que nous ayons receue de sa part, et presque l’unique, est celle
- qu’Elle vient d’adresser à M. l’Abse Guidi, qui a nous a donné un Extrait de la
- lettre deMons. Battistini a vostre Excellence, dont il a voulu renvoyer l’original comme
- Je suppose qu’i aura fait.
- J’ay jugé necessaire d’en faire rapport à S. A. E. et
- nen communiquer avec nos Ministres. On donne des grandes louanges avec raison au
- Lele et à la prudence, queV. E. fais paroistre dans le maniment de cette affaire Cepen
- dant ma bonne volonté et mon affection in obligent, Monsergneur, de vous exposer since
- rement et sectmen des considerations, que je vous supplie deprendre enbonne part
- parcequ’on ne sçauroit estre trop circum spect sur une matiere de cette delicatesse et de
- cette importance.
- ay cru d’abord, et V. E. estanticy avoit témoigne aussi d’estre persuadée, qu’une
- Communication et ouverfure entiere et pleine defranchise de part et d’autre seroit tretile
- en sorte qu’on deuuroit concerter ensemble toutes demarckes qui pourroient estre de
- quelque consequence je ne sçay si V. E. à changé de sentiment depuis son depart; quoyqu’il
- me semble qu’alle a en assez de preuves de nostrebonne volonté. Il est vray, que j’ay
- eu honneur de recevoir plusieurs de vos lettres, mais il n’y a pas une qui nous
- ait donné la moindre lumiere, ou qui soit venue au fait. Au lieu qu’il semble que
- dans une affaire ou nous avons tant d’interest, il auroit esté asouhaitter que nous
- eassions este mieux instruit, et qu’on eut fait tout apres uune deliberation commune
- Car c’est le vray moyen de se bien entendre, et de reussir avec satisfaction reciproque
- Ainsi il eut este utile peul estre de nous faire part du formulaire dela relation
- avant même que de l’envoyer. Car estant impossible que toutes nos considerations
- soyent assez connues à d’autres. il estoit aisé d’y faire entrer quelque chose sans y penses
- qui ne nous convienne point son d’omettre aumoins quelque chose dont la mention auroit
- esté à desirer. Et j’asseure V. E. que si nous avions quelques rapports à faire de ce
- costé cy, nous ne nanquerions point de les concerter avec Elle
- Et comme le commencement est d’un grand poids et en toutes choses, et qu’il
- est dificile d’effacer les premieres impressions; il semble qu’on ne pouvoit apporter
- trop de precaution pour faire prendre d’abord un bon ply à l’affaire en cour
- de Rome. Pour cet effect, j’ay eru, des le commencement et j’ay pris la liberte
- de representer à V. E. les raisons qui fant croirs, qu’au lieu d’enviyer à Rome
- une simple relation, il falloit y envoyer encor un heologien bien intentionné
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 10, fol. 343r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068368:0709?run=74