Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 391v
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- dont on me fournit icy l’occasion. Je dis donx, que si l’espace étoit
- un étre absolu, il arriveroit quelque chose dont il seroit impossible
- qu’il y ent une raison suffisante, ce qui est contre notre Axiome. Voicy
- comment je le prouve. L’espace est quelque chore d’unifor me
- absolument, et sans les choses y placées un point de l’espare
- ne differe absolument en rien d’un autre point de l’espace. Or il
- suit de cela, suppose que l’espate soit quel que chose en cuy même
- outre l’ordre des corps entre eux, qu’il est impossible qu’il y ait une
- raison pourquoy veu, gardant les mêmes situations des corps entre
- eux, a place les corps dans l’espace ainsi et non pas autrement;
- et pourquoy tout n’a pas été mis a rebours (par exemple) par
- un échange de l’orient et de loccrdent. Mais si l’espace n’estaute
- mose que cel ordre ou rappont, et n’est rien du tout sans les corps, que
- la possibilité d’en mettre; ces deux états, l’un tel qu’il est, l’autre suppose
- à rebours ne differeroient point entre eux: leur difference ne se trouve
- que dans notre supposition chimerique, de la realité de l’espace en
- luy même: mais dans la verité l’un sera justement la même chose que l’autre
- comme ils sont absolument indiscernables; et par consequent, il n’y a pa
- lieu de demander la raison de la preserence de l’un à l’autre
- b. I’en est de même du temps, suppose que quel qu’un demancle, pourqua
- Dieu n’a pas tout eree un un plustost; et que ce même pertonnage.
- veuille inferer de la, que hieu a fait quel que chose dont il n’est pas
- possible qu’il y ait une raison pourquoy il l’a fait ainsi plustost
- qu’autrement; on luy reppondroit que son illation seroit vraye, si le
- temps étoit quelque chose hors des choses tempgrelles, caril seroit
- impossible qu’il y eut des raisons pourquoy les choses eussent été appli-
- es
- quées plustost à de tels instans qu’à d’autres, leur succession deneurant
- la même. Mais cela même prouve que les imstans hors des choses ne sont
- rien, et qu’ils ne consistent que dans leur ordre suc cessit; le quel demeurant
- le même, l’un des deux états comme celuy de l’anticipation imagnée
- ne differeroit en rien, et ne sauroit être discerne de l’autre qui est maintenant
- j. On voit par tout ce que je viens de dire que mon eoxiome n’a
- pas été bien pris, et qu’en semblant l’accorder, on le refuse. Iest vray
- dit-on, qu’il n’y a rien sansune raison sussisante pourquoy il est, et
- pourquoy il’ est ainsi plustost qu’autrement; mais on adjoule que cette
- rais on suffisante est souvent la simple ou mere volonté de Dieu,
Cite
Leibniz-Handschriften zur Theologie LH 1, 20, fol. 391v. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068378:0786?run=74