Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 11, fol. 32r
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- impressions, il faudroit que ce srojet du détail, prenant le Prince dés lac
- premiere enfance reglat d’année en année, ou plustost de troismois pour le moins
- entrois me
- Ceraue; ses practiques et exercices, ses etudes et sa conversation
- saus à ceux qui en auront la direction de changer, retrancher et adjouter selon les cir-
- constances. On dit que le Roy d’espagne a une Etiquelle du Palais toute reglée
- les Rois de Perse en avoient, et les Monarques de la Chine en ont encor. Cela a
- ses usages et ses defauts. Et il faut profiter du bon de chaque chose; mais quant
- a un joune Prince, il est bon, que tout soit reglé sous une liberté apparente et
- qu’il apprenne, en croyant de se divertur en attendant ce modelle, voicy une partie
- de ce qu’on en peut dire en gros.
- Le bon naturel est la base et le fondement de tout. Mais nous nous trompon
- souvent, en prenant pour le naturel, ce qui est l’effect des premieres impressions
- que l’enfance a receues; une nourrice, une semme de chambre, un autre enfant
- un peu plus avancé, et quelques domestiques auront peur estre faict, ce qu’on
- appelle le naturel, et qu’on croit envoyé d’en haut; il n’y a rien de si flexible
- que l’aage le plus tendre. Nous le voyons dans les animaux, à qui un habile
- maistre sçait faire faire des merveilles, et cependant les enfans sont infini
- ment plus dociles et plus susceptibles de varieté. Les premieres impressions
- doivent consister à faire qu’un enfant ne soit ny intimidé ny chagrine,
- Quon ne le trompe, ny le rebute point; mais aussy qu’on ne l’accoustume point
- à estre opiniastre, en luy accordant tout ce qu’il vent. Le moyen de le detournet
- de quelque desir peu raisonnable consiste dans la variete des plaisirs. On le
- divertira par des mouvemens et spectacles agreables, qui commenceront d’aboid
- à estre instructifs. Il faut avoir sur tout egard à la santé et à la forma
- tion du corps du jeune Prince en evitant egalement les exces et trop
- de reserve qui degenere en mollesse. Soprès cela, on l’entre fiendra dans une
- gayeté d’esprit, mais sans malice en se donnant bien de garde de faire de
- pieces aux gens, et mêmes aure animaux pour le divertir; et au lieu de
- cela on satisfera à sa curiosité naturelle, en luy monstrant milles
- choses, qui au milieu de l’amusement commenceront à l’instruire. En même temps
- petites jolies
- on luy formera la parole, prenant garde que ceux qui sont aupres de luy
- parlent bien et distinclement et s’expliquent agreablement sur plusieurs
- choses. des lors on y mélera des petites Conedies. Ot on choisira au Prince
- des Compagnons d’estude et de plaisir, qui seront des enfans de bien moindre quali
- que la sienne, mais d’un excellent naturel; plus aagés que luy de quelques années.
- qui luy conmuniquerent insensiblement leurbonnes qualités et connoissances, et
- tout ce qu’ils apprendont pour eux à part, ils l’apprendont quasi pour luy
- et le Prince en tachant de les aliendre par une emulation naturelle, passera au
- delà de son auge.
- A l’aage de quatre ans doivent désa commenter les estudes, mais tousjous
- sous l’apparence et pretexte de jeux. S. Hierôme a remarqué, qu’on pouvoit
- apprendre les letrres et leur assemblage par un jeu concerté pour cet
- effect. On passera de même à l’ecriture, onfera souvent des repre
- sentations serieuses et agreables de mille rencontres de la vie, faites
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 4, 11, fol. 32r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068600:0063?run=74