Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 8, fol. 65r
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- Et commesa philosophie malprise va faire grand tort à la religion, si elle prend
- le dessus, car il semble qu’elle mene droit aux sentimens de Spinosa, qui a osé dese
- ce que des cartes a evité avec soin, on a sujet de s’y opposer
- C’est pourquoy se loue fort le zele des RR. PP. jesuites, qui ont crû, que le plus seur
- est, de ne se pas eloigner sans necessité et sans demonstration, des dogmes receus, qui
- souvent interessent la religion. Mais il faut prendre garde de ne se point prostituer
- en combattant les verités pelemele aver les erteurs des modernes. C’est en quoy il
- semble que les Peres Bourdin, Cazré, et autres, et quelques fois encr le p. Fabry, quoyque
- tres habile homme, ont manqué. Un des plus raisonnables sur ce sujet à esté le P. des
- Chales, et si le p. pardies avoit vécu, il auroit fait quelque chose de consequence, car l’air
- de paris avoit corrigé les premiers emportemens de Gascogne. Je ne sçay si le P. Berthet
- vit encor, mais je sçay bien qu’il a esté des plus propres à juger librement et solidement.
- si le Rue P. de la chaise confesseur ordinaire du Roy (qu’on voit bien, par ce qu’en
- de ces matieres
- dirent déja autres fois leS RR. PP. Fabny et des chales, avoir examiné les modernes
- avec beaucoup d’equité digne des lumieres universelles d’un si grand homme) avoit ey
- le loisir de s’y arresterassez c’est de luy, qu’on auroit pû attendre un ouvrage parfait
- d’une philosophie de monstrative, capable d’effacer les novateurs.
- Comme des cartes passe pour un oracle parmy nos nveaux philosophes audelà
- de l’autos epha de pythagore, il est a propos de les desabuser. En effect il s’en faut
- beaucoup qu’il ait donne dans le but. Ifu
- d’inventer, ou bien il ne l’a point découverte il ne sert de rien de dire, qu’une connoisans
- claire et distincte est une marque de la verité, quand on ne donne point des marques
- d’une connoissance distincte, car on peut monstrer que des cartes luy même acrû de
- sçavoir distinctement ce qu’il ne sçavoit en aucune façon; etde se rapporter au temoigne
- interdeur deson idée, c’est s’exposer aux illusions. Il ne sert de rien aussi de dire, que pou
- diminuer la difficulte il faut la diviser en parties. Car les difficultés ont de certaines
- jonctures ou articles, et quand on ne les sçait point on fait mal l’ecuyer tranctant
- et on les de chire au lieu de diviser. C qui est augmenter les difficultés, bien loin de les diminuer.
- Ceux qui sont assez entres dans l’interieur de l’Analyse et de la Geometrie sçavent qu
- des Cartes n’a rien découvert de consequence dans l’Algebre la specieuse en elle même estant
- de viete: les resolutions des Equations cubiques et quarre quarrees estant de Scipion du Fer
- et de Louys de Ferrare; la genese des Equations par la multiplication des Equations egales
- à rien, estant de Harriot; et la Methode de Maximis et Minimis ou des Tangentes, estant de
- M. Fermat. De sorte qu’il ne luy reste que d’avoir appliqué les Equations d aux lignes de
- Geometrie des degrés superieurs, que viete, preveau par les anciens, qui ne les tenoient pas pour
- il est constant que M. des cartes a esté un des plus grands Geometres, mais on fait grand
- assez Geometriques avoit negliges:
- tort à Viete, à Fnellius, au p. de S. Vincent, et autres si on les méprise aupres de luy. Il
- s’est trouvé que Descartes suivant sa confiance sdinaire s’est precipité assez souvent, même
- en Geometrie comme lors qu’il a crû qu’il estoit impossible de trouver la proportion des lignes
- courbes auxdroites, qu’on a pourtant découverte enbien de rencontres après sa mort
- et lorsqu’il a prononcé que tous les problemes de Geometrie se pouvoient reduire à des Equati
- de certains degres, ce qui luy a fermé le passage à la Geometrie des Transcendentes. On
- voit aussi par ses lettres, qu’il a cherchéenvain quelques problemes difficiles, dont la solution
- est se donne par des methodes qu’on a trouvées depuis
- Willebrord Snellius auoit dert le premier les loix de la refraction et en
- avoit donné la demonstration dans un ouvrage Manuscrit, qui subsiste encor. il avoit enseigne
- assez publiquement cette regle à ses écoliers, et il est difficile que Des cartes, qui estoit assez
- curieux des bonnes choses, ne l’ait point apprise, dans le long sejour, qu’il a fait en Hollande. Une
- luy estoit pas difficile aussi de découvrir la proprieté de l’Hyperbole, apres ce que Kepler en avoit
- dit, en y joignant la regle de Snellius. Car Kepler ne Sçachant pas encor la regle precise des
- refractions, n’avoit garde de dire, quelle estoit proprement la ligne de Dioptrique, qu’il sçavoit
- bien devoir estre hyperboliforme.
Cite
Leibniz-Handschriften zur Philosophie LH 4, 8, fol. 65r. Machine transcription, not an edition: Leibniz Legible (model FoNDUE-GD_v2_ft_Leibniz, run 74). https://leibnizlegible.com/page/00068703:0129?run=74